Lutte contre la corruption : le CFRAC célèbre ses nouveaux experts

Au Burkina Faso, la lutte contre la corruption vient de franchir un nouveau cap. Le Centre de Formation et de Recherche anti-corruption (CFRAC) du REN-LAC a procédé, mardi 28 avril, à la remise officielle des certificats aux lauréats de sa toute première session de formation en Management anti-corruption et en Mécanismes de prévention et de lutte contre la corruption.

Avec le MAC, il ne s’agit plus de dénoncer la corruption de manière incantatoire, mais de la manager, de l’anticiper et de l’étouffer par des systèmes de gestion rigoureux

C'est dans une atmosphère empreinte de solennité et d’émotion que le CFRAC du REN-LAC a honoré 247 nouveaux experts dans la salle de conférence Dr. Luc Marius Ibriga de l’Autorité Supérieure de Contrôle d’État et de Lutte contre la Corruption (ASCE-LC). Celle-ci a vibré, ce mardi 28 avril, au rythme de l’excellence et de l’engagement citoyen.

Selon le Dr. Kyanihib Florent Hien, agrégé des sciences de gestion et Directeur du CFRAC, cette cérémonie de remise officielle des certificats aux premières cohortes du Centre marque l’aboutissement d’un processus de formation rigoureux débuté en 2025, visant à transformer l’indignation face à la corruption en une expertise technique concrète pour venir à bout du phénomène.

Au présidium, de la gauche vers la droite : Dr. Kyanihib Florent Hien, Directeur du CFRAC ; Monsieur Aimé Nana, Contrôleur d’État et chef du département d’enquête et d’investigation de l’ASCE-LC, représentant Monsieur le Contrôleur général d’État, Président de la cérémonie ; Dr. Salfo Lingani, Secrétaire exécutif adjoint du REN-LAC


Réponse holistique à un défi systémique


Les deux formations en Management anti-corruption (MAC) et en Mécanismes de prévention et de lutte contre la corruption (MPLCC) se sont déroulées du 14 juin au 04 août 2025, mobilisant notamment une mosaïque de profils allant des cadres de l’administration publique et parapublique aux acteurs du secteur privé en passant par les consultants, enseignants, étudiants et élève fonctionnaires. Le Directeur du CFRAC justifie cette diversité de profils par la volonté d’apporter une réponse globale à un fléau qui ne connaît aucune frontière sectorielle. La formation en Management anti-corruption (MAC) visait ainsi à doter les institutions d'instruments de gestion durables pour anticiper et étouffer la corruption par des systèmes rigoureux, et celle en Mécanismes de prévention et de lutte contre la corruption (MPLCC) était centrée sur l’élaboration de cartographies des risques, véritable boussole pour les organisations modernes souhaitant identifier leurs zones de vulnérabilité. 

AiméNana, représentant du CGE de l'ASCE-LC, président de la cérémonie, a invité les lauréats à être des ambassadeurs de l'intégrité dans leurs organisations, dans leurs familles et dans les cercles sociaux, car "la lutte ne se gagne pas uniquement dans le secret des bureaux de contrôle, mais s'emporte d'abord dans les esprits et dans ces petites décisions courageuses que l'on prend lorsque personne ne nous regarde".


Une synergie d'action réaffirmée


La cérémonie, placée sous la présidence du Contrôleur général d’État (CGE), dont le discours prononcé par M. Aimé Nana, Chef du département d’enquête et d’investigation de l’ASCE-LC, témoigne de l’alliance stratégique entre le Contrôle administratif indépendant et la veille citoyenne portée par le REN-LAC depuis 1997. 

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Le CGE a insisté sur le fait qu’au-delà d’être une faute administrative, la corruption est un crime qui prive les plus vulnérables de médicaments, d’écoles et d’infrastructures. Selon lui, face à ce péril, les certificats reçus par les 247 nouveaux impétrants ne devraient pas rester de simples récompenses, mais constituer une « charge lourde de responsabilités ». « Désormais, vous n’aurez plus l’excuse de l’ignorance face au mal », a-t-il insisté. 
De son côté, le Dr. Hien a exhorté les récipiendaires à ne pas laisser leurs connaissances « dormir dans les tiroirs », mais à en faire le levain d’une nouvelle culture organisationnelle dans la mesure où « l’intégrité est aussi une compétence technique qui s’acquiert et se cultive ». Le Directeur du CFRAC a rappelé que celle-ci doit être désormais l’arme de prédilection pour protéger la réputation des institutions, « cet actif précieux qui, une fois brisé, ne retrouve jamais son éclat originel ».

 


 

Laboratoire d’idées pour l’Afrique de l’Ouest


L’ambition du REN-LAC est de faire du CFRAC un laboratoire d’idées capable d’exporter le savoir-faire burkinabè en matière de bonne gouvernance dans toute la sous-région. Pour ce faire, le centre ne se veut pas une énième école de théorie, mais le trait d’union entre la recherche académique et l’action-terrain afin de capitaliser « des décennies de lutte, d’échecs transformés en leçons et de victoires patiemment construites ».


"Le CFRAC a été créé par le REN-LAC pour renforcer notamment les capacités des personnes issues du secteur public, privé et de la diplomatie dans la lutte contre le fléau de la corruption". Dr. Florent Hien, Directeur du CFRAC.

Cette première session a connu un engouement des participants avec 258 personnes qui ont effectivement pris aux examens finaux des deux certificats : 44 en MAC pour 43 admis et 214 en MPLCC pour 204 admis. Ces excellents résultats traduisent le sérieux et la détermination des candidats qui viennent grossir le front de la lutte anti-corruption.  Une deuxième session de formation est prévue pour mai 2026.

 

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