En ce début d’année 2026, le Secrétaire exécutif adresse à toutes et à tous ses vœux de bonne et heureuse année. Puisse 2026 être marquée par la paix, la sécurité, la santé et surtout un engagement citoyen en faveur de l’intégrité et de la bonne gouvernance au Burkina Faso.
Il y a de cela 29 ans, soit exactement le 20 décembre 1997, que des Organisations de la Société civile burkinabè, convaincues de l’incompatibilité du développement économique et social avec la corruption, ont mis en place le Réseau national de Lutte anti-corruption (REN-LAC). Dès sa création, celui-ci s’est donné pour mission d’œuvrer pour la garantie de la bonne moralité et de la transparence dans la gestion de la chose publique conformément à sa vision qui est l’avènement d’une société burkinabè engagée dans son ensemble pour la défense et la promotion de l’intégrité et de la bonne gouvernance.
Durant ses 29 ans d’existence, le REN-LAC n’a cessé de mener des actions de sensibilisation, d’éducation, de production de connaissances et de formation tout en contribuant à des réformes juridiques et institutionnelles pertinentes à travers entre autres des propositions de textes de lois anti-corruption. Par ailleurs, il ne ménage aucun effort pour assister, chaque année, des milliers de citoyens, souvent laissés pour compte, qui lui soumettent leurs préoccupations en lien avec la corruption, l’abus de fonction, etc.
Avec l’adoption en 2015 de la loi N°004-2015 portant prévention et répression de la corruption au Burkina Faso, qui a donné la possibilité aux OSC intervenant dans le domaine de la lutte contre la corruption et de la bonne gouvernance de se constituer partie civile devant les juridictions pour des faits de corruption et infractions assimilées, le REN-LAC s’est impliqué en tant que partie civile dans le traitement judiciaire de plusieurs dossiers de crimes économiques dans notre pays. Ses différentes actions ont non seulement contribué à dissuader des actes de corruption, mais aussi permis à l’État de recouvrer d’importantes ressources financières et en nature issues de la corruption ou des pratiques illicites.
Bien que la lutte contre la corruption ait connu des avancées notables dans notre pays au cours de la dernière décennie, les insuffisances constatées interpellent les acteurs étatiques et non étatiques à redoubler d’efforts étant donné la persistance du phénomène et son lien consubstantiel avec l’insécurité qui sévit dans notre pays depuis 2015.
Pour sa part, le REN-LAC, constant dans son engagement, est resté actif sur le terrain pendant l’année écoulée, en synergie avec plusieurs structures étatiques, notamment l’Autorité supérieure de Contrôle d’État et de Lutte contre la Corruption (ASCE-LC).
Outre ses activités traditionnelles telles que la tenue de son Assemblée générale ordinaire, l’organisation du Prix de la Lutte anti-corruption (PLAC) et des Journées nationales du Refus de la Corruption (JNRC), le Réseau a continué à entretenir le dialogue avec les institutions publiques (ministères, corps de contrôle, ALT), leur apportant, à chaque fois que de besoin, son expertise en matière de lutte contre la corruption.
Par ailleurs, il a produit et publié son rapport annuel 2024 sur l’état de la corruption au Burkina Faso dont les résultats indiquent une légère hausse du phénomène par rapport à 2023. Le REN-LAC tient à rappeler que le rapport est le fruit d’un travail fondé sur une méthodologie rigoureuse et cohérente, tant dans la collecte que dans le traitement des données, afin d’aboutir à la construction d’indices permettant de mesurer la corruption à l’échelle nationale (Indice synthétique de Perception de la Corruption - ISPC) et dans les services de l’Administration publique (Indice composite de Mesure de la Corruption dans l’Administration - ICMC-AP). Ce dernier indice innove en combinant la perception des usagers des services publics et parapublics et leurs expériences pratiques de corruption vécues dans lesdits services.
Avant d’être publié, le rapport est examiné et validé par un Conseil scientifique pluridisciplinaire composé de chercheurs et de personnes ressources. Toutefois, comme toute œuvre scientifique, il reste perfectible et ne saurait, de ce fait, se dérober à la critique. Si cela est normal et surtout fort appréciable parce que la science se construit, se déconstruit puis se reconstruit par essence, les critiques ne doivent pas reposer sur des émotions et des considérations subjectives, mais plutôt chercher à la faire progresser pour le plus grand bénéfice de la société.
Compte tenu de la persistance de la corruption dans les services publics et parapublics, le REN-LAC exhorte donc les différentes administrations à intensifier leurs efforts en vue de réduire les pratiques de corruption en leur sein. Cela implique notamment de fournir des services publics de qualité dans des délais raisonnables, de mettre en place des mécanismes de contrôle rigoureux et de prendre des sanctions effectives contre les actes de corruption et les pratiques illicites.
Pour nous, les efforts en matière de lutte contre la corruption doivent se poursuivre avec plus de détermination et de fermeté en 2026. Dans cette perspective, il apparait nécessaire de renforcer la synergie entre les acteurs étatiques et non étatiques, car c’est ensemble que nous pourrons obtenir des résultats encore plus significatifs.
En tout état de cause, la transparence, la redevabilité et la participation citoyenne doivent rester des piliers essentiels de la bonne gouvernance et constituer une quête permanente pour tous les acteurs engagés dans la lutte contre la corruption. C’est à ce prix que l’expertise conjuguée des institutions publiques, des Organisations de la Société civile, des médias et des citoyens en général pourra efficacement soutenir les politiques publiques de développement de notre très cher pays.
Vive la terre libre du Burkina Faso !
Que cette année soit une année de santé, de justice et de paix !
Bonne et vertueuse année 2026 à toutes et à tous !