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Corruption à Ouagadougou : Le REN-LAC démantèle un réseau avec la contribution de la Mairie


 

Au mois d’octobre 2009, le REN-LAC a mené une enquête de vérification sur les pratiques corruptrices en cours dans le service en charge de l’établissement des pièces d’état civil de l’arrondissement de Bogodogo. L’enquête a permis de révéler deux pratiques de corruption. La première pratique concerne l’établissement des actes de naissance. Un circuit permet d’établir en deux jours les extraits d’actes de naissance au lieu du délai minimum habituel d’une semaine moyennant le paiement d’une somme dont le montant peut atteindre 2 500 francs CFA par acte. Le montant de la somme varie en fonction du délai au bout duquel, le demandeur souhaite entrer en possession de ces extraits. La collecte des originaux des extraits et de l’argent est faite par des démarcheurs présents dans les locaux de la Mairie. L’argent collecté servirait selon eux à désintéresser les personnes qui travaillent dans le service de l’établissement des extraits. La seconde pratique révélée par l’enquête est en cours dans l’établissement du certificat de résidence. Selon les informations affichées à l’attention du public à la mairie, seuls les citoyens détenteurs d’un reçu de paiement de la taxe de résidence et les élèves/étudiants peuvent se faire établir des certificats de résidence au niveau de la Mairie de leur arrondissement. Mais à la mairie de Bogodogo, des demandeurs sans reçu de paiement de la taxe de résidence et sans être élèves/étudiants ont obtenu cette pièce contre une somme dont le montant varie entre 5 000 et 10 000 francs CFA. Là également, les dossiers et l’argent sont collectés par des démarcheurs. L’argent servirait selon leurs dires à désintéresser l’agent communal travaillant dans le circuit de l’établissement des certificats de résidence. Le REN-LAC qui s’est donné pour mission d’œuvrer pour la garantie de la bonne moralité et de la transparence dans la gestion de la chose publique a jugé grave l’existence de telles pratiques qui renchérissent les coûts des prestations communales au profit de personnes véreuses et au détriment du budget communal. Ces pratiques ternissent l’image des services communaux, en même temps qu’elles posent de sérieux problèmes de crédibilité des pièces établies par lesdits services. C’est pourquoi, le REN-LAC a adressé une saisine administrative au maire centrale de la ville de Ouagadougou pour l’informer de la situation et lui demander de prendre des dispositions pour donner suite à sa saisine. Le lundi 23 novembre 2009, le REN-LAC a été reçu par Simon Compaoré, maire de la commune de Ouagadougou entouré de ses collaborateurs. Le maire a, au cours de cette rencontre expliqué au REN-LAC que dès la réception de la saisine, il a instruit l’inspecteur des services municipaux pour qu’il diligente une enquête afin de vérifier les allégations du REN-LAC. Cette enquête de la mairie s’est non seulement avérée concluante mais aussi les résultats obtenus sont allés au delà des dénonciations faites par le REN-LAC. Elle a révélé que les activités corruptrices s’étendaient à toutes les mairies d’arrondissement. Le commissariat de police de l’arrondissement de Bogodogo a été saisi pour conduire les enquêtes. Une personne a été arrêtée dans le cadre de cette affaire.

Le REN-LAC félicite monsieur le maire de la Commune de Ouagadougou pour sa promptitude ayant conduit à l’arrestation de l’élément clé du réseau.

Il garde l’espoir que l’enquête suivra son cours jusqu’à terme afin que toutes les personnes impliquées (agents de service, démarcheurs,…) soient démasquées, traduites en justice et sanctionnées comme il se doit.

L’objectif du REN-LAC à travers les enquêtes de vérification et les saisines administratives est de permettre aux administrations de prendre des mesures contre la corruption. Le REN-LAC souhaite que toutes les administrations réagissent avec promptitude comme le maire de Ouagadougou l’a fait. Pour sa part, le REN-LAC attirera toujours l’attention des responsables des services et institutions concernés des faits et pratiques de corruption dont il a connaissance sans rancune ni défiance avant toute publication d’article. A chacun de jouer sa partition.

Le Réseau National de Lutte Anti-Corruption (REN-LAC) Tel vert : 80 00 11 22 ; site web : www.renlac.org